« À Nantes, lors du Festival de l’info locale, une table ronde a invité les médias à s’interroger sur la défiance croissante dont ils font l’objet. Thème central : le ras-le-bol médiatique. Comment y répondre, alors que la lassitude informationnelle s’installe durablement, en France comme à l’international ? Cette fatigue de l’information, largement documentée ces dernières années, affecte les esprits. « Notre cerveau n’est pas câblé pour recevoir autant d’information », constate la journaliste Nina Fasciaux, qui confie ne plus lire l’actualité le matin, trop éprouvante pour elle. Elle choisit désormais ses moments d’exposition, en fonction de sa propre capacité à la recevoir. Le phénomène n’est pas nouveau. Dès les années 1980, le philosophe Edgar Morin en analysait les effets délétères dans Pour sortir du XXe siècle : « L’excès étouffe l’information quand nous sommes soumis au déferlement ininterrompu d’événements sur lesquels on ne peut méditer parce qu’ils sont aussitôt chassés par d’autres événements. Ainsi, au lieu de voir, de percevoir les contours, les arêtes de ce qu’apportent les phénomènes, nous sommes aveuglés par un nuage informationnel ». Avec l’avènement des réseaux sociaux, ce « nuage » est devenu plus dense encore, et souvent plus confus. »
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